Le principe : chercher le moment, pas le carnet d’adresses
Un apport d’affaires fonctionne quand il ne demande aucun effort commercial. Le garagiste voit le besoin auto au moment de la vente; le vétérinaire voit le besoin santé animale au moment de la facture; le courtier en crédit voit le besoin emprunteur au moment de l’offre de prêt. Le besoin naît sous leurs yeux, sans qu’ils aient à le provoquer.
C’est pourquoi les meilleurs apporteurs ne sont pas les mieux entourés, mais les mieux placés dans le temps de la décision.
Les cinq familles de métiers
- Automobile et mobilité : garages, carrossiers, concessionnaires, mandataires auto, auto-écoles, loueurs.
- Immobilier et habitat : agents et mandataires immobiliers, administrateurs de biens, syndics, courtiers en crédit, constructeurs.
- Animaux : vétérinaires, éleveurs, pensions, animaleries, toiletteurs.
- Entreprise et indépendants : sociétés de portage salarial, centres de gestion, domiciliataires, franchiseurs, fédérations professionnelles, experts-comptables.
- Santé et fin de vie : pompes funèbres, services à la personne, résidences seniors.
Le cadre applicable, selon ce que vous faites
Trois situations, et une seule frontière :
- Vous transmettez un contact, sans présenter de contrat : aucune immatriculation. C’est le cas de la grande majorité des apporteurs.
- Vous proposez une assurance en complément de ce que vous vendez : un véhicule, un bail, un voyage : vous relevez du régime de l’intermédiaire à titre accessoire, avec immatriculation et formation continue.
- Vous présentez et conseillez des contrats : vous relevez du statut de mandataire, avec immatriculation, capacité professionnelle et RC.
La ligne exacte, avec des exemples concrets, figure dans faut-il l’ORIAS pour apporter des affaires.
« Les apporteurs les plus réguliers ne sont pas ceux qui ont le plus de clients, ce sont ceux dont le métier crée une conversation naturelle sur le sujet. Un vétérinaire qui annonce une facture de huit cents euros n’a pas besoin d’argumenter : la question vient d’elle-même. »
Les professions qui ne peuvent pas
Toutes les professions ne peuvent pas percevoir une rémunération d’apport. Les avocats en sont interdits par leur réglementation professionnelle, qui prohibe la rémunération de l’apport d’affaires. D’autres professions réglementées (dont les experts-comptables et les notaires) sont soumises à des règles propres en matière d’activités accessoires et d’indépendance : chacun doit vérifier auprès de son Ordre avant de contractualiser.
Nous préférons le dire ici plutôt que de laisser un partenariat se signer et se dénouer ensuite.
Le dossier, métier par métier
Votre métier croise-t-il le besoin ?
Vingt minutes avec un inspecteur suffisent à le savoir, et, si la réponse est non, à vous le dire franchement plutôt que de vous faire signer.
Vos questions
Faut-il une immatriculation pour apporter des affaires ?
Non, tant que vous vous limitez à la mise en relation sans présenter de contrat ni conseiller de solution.
Quelles professions apportent le plus ?
Celles dont le métier crée un moment de décision : vente d’un véhicule, offre de prêt, signature d’un bail, consultation vétérinaire, création d’entreprise.
Un avocat peut-il être apporteur d’affaires rémunéré ?
Non. La rémunération de l’apport d’affaires est prohibée par la réglementation professionnelle des avocats.
Faut-il l’accord du client pour transmettre ses coordonnées ?
Oui. Recueillez son accord, dites-lui à qui vous transmettez et pourquoi, et ne transmettez que le nécessaire.
Sources
- Code des assurances, article L511-1, distribution d’assurance et frontière avec la simple indication
- ORIAS, registre unique des intermédiaires, y compris à titre accessoire
- RGPD, accord préalable et minimisation lors de la transmission d’un contact
- Règlement intérieur national de la profession d’avocat : interdiction de la rémunération de l’apport d’affaires